Protégeons les salaires et les travailleurs·euses. Pas les frontières !

Chères et chers membres et ami·e·s de Stopexclusion,

Le 17 mai 2020 nous voterons sur l’initiative de l’UDC, « Pour une immigration modérée », dite aussi initiative de limitation. Le Conseil Fédéral et le Parlement (Conseil national et Conseil des Etats) l’ont refusée dans le courant de l’automne 2019. Stopexclusion souhaite s’engager dans la campagne contre cette initiative et pour cela, nous avons besoin de vous !

Que demande cette initiative ?

Par un changement constitutionnel, l’initiative de l’UDC demande que la Suisse règle elle-même et de manière unilatérale son immigration, donc que celle-ci ne soit gérée par aucun traité international. Si elle est acceptée, l’initiative demande aussi que le Conseil fédéral renégocie, voir dénonce, dans les 12 mois suivants la votation, l’Accord de libre circulation entre la Suisse et l’Union Européenne (ALCP).

Mais que vise vraiment cette initiative ?

Sous prétexte d’une limitation de l’immigration, cette initiative vise in primis à abolir les accords bilatéraux et la libre circulation des personnes. Elle s’inscrit dans un processus utilisé depuis longtemps par l’UDC pour qui limiter l’immigration veut dire, surtout : pouvoir garder les étrangers·ères tant qu’ils et elles rendent service et les rejeter quand on n’en a plus besoin ; et les diviser avec les salarié·e·s suisses et résident·e·s, et également entre elles et eux. Dans ce sens, cette initiative sert l’habituel adage : diviser pour mieux régner. 

Mais l’UDC vise également un autre objectif : mettre fin à la libre circulation veut aussi dire mettre fin aux mesures d’accompagnement, donc à tout contrôle salarial et des conditions de travail, abolir les conventions collectives, ouvrir la porte à un marché du travail totalement libéralisé, dont une des principales conséquences est le dumping salarial. Or, celui-ci est l’un des moteurs du ressentiment anti-étrangers d’une partie de la population. La modification voulue par l’initiative ne ferait qu’alimenter ce ressentiment, bouclant ainsi un cercle vicieux qui porte préjudice aux travailleurs·euses suisses comme étranger·ères.

Refusons nettement cette nouvelle initiative xénophobe

Le droit de toute personne à voyager et s’établir où bon lui semble, pour subvenir à ses besoins et à ceux de sa famille, doit rester un droit fondamental et inaliénable. La migration est et restera un droit de la personne. Aucun mur ni mesure administrative ne réussira à la stopper, tant qu’existeront de telles inégalités de conditions de vie, entre ici et ailleurs. Nous continuerons donc à combattre une politique migratoire fondée sur l’exploitation et la discrimination, sur l’inégalité des droits, sur la précarisation et l’exclusion, le tout en soufflant un vent ambiant de xénophobie et de méfiance de l’autre.

Oui au salaire minimum légal

L’antidote à ce funeste projet de division réside, au contraire, dans le renforcement des droits de tous et toutes, à commencer par l’égalité salariale. L’initiative syndicale pour un salaire minimum de 23.- de l’heure, sur laquelle nous voterons le même jour à Genève, constitue un premier pas vers une égalité entre tous et toutes les travailleurs·euses ainsi qu’une mesure anti-dumping salarial.

Pour ces diverses raisons, Stopexclusion va rejoindre le comité unitaire genevois « contre l’initiative UDC et pour le salaire minimum » et nous vous invitons à voter NON à l’initiative UDC et OUI au salaire minimum.

Pour pouvoir participer à cette campagne et y apporter notre message de lutte contre l’exclusion et la xénophobie, nous avons établi un budget d’environ 7000.-, dont une partie servira à participer au financement de la campagne du comité unitaire (environ 5000.-) et une partie (environ 2000.-) nous permettra de financer les démarches propres à Stopexclusion (affiche, prise de position et mot d’ordre de vote).

Comme lors des dernières campagnes, nous comptons sur votre soutien financier pour faire entendre notre voix et nous joignons à cet envoi un bulletin de versement à cet effet.

Nous vous remercions vivement pour votre soutien et vous saluons cordialement,

Florio Togni

Président de Stopexclusion

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