Vivre Ensemble | Criminalité et asile? Tordre le cou aux simplifications

Vivre Ensemble publie aujourd’hui une série de publications permettant d’approfondir diverses thématiques souvent évoquées dans le débat sur l’asile, mais mal connues.

Vivre Ensemble vous donne les instruments pour répondre à celles et ceux qui pensent (encore) que les requérants d’asile commettent plus de crimes que les Suisses…

Pour lire le communiqué de presse de Sophie Malka publié dans le site de Vivre Ensemble le 16 mai 2013, cliquez sur l’image ci-dessous.

Pour aller plus loin… lisez l’article de Raphaël Rey “Vers une décriminalisation de l’asile: s’attaquer aux véritables causes de la criminalité“.

criminalite

Ce communiqué de presse sort à l’occasion de la réédition sous forme de hors-série de l’article du criminologue André Kuhn sur la surreprésentation des étrangers dans la criminalité.

Dans cette contribution, André Kuhn explique la manière dont la science criminelle appréhende les statistiques de la criminalité.  Il montre pourquoi une utilisation simplifiée conduit à des conclusions erronées et à une politique de lutte contre la criminalité inefficace. «Si l’on compare le taux de criminalité des nationaux à celui des étrangers du même sexe, de la même classe d’âge, de la même catégorie socio-économique et du même niveau de formation, la différence entre les nationaux et les étrangers disparaît», explique-t-il. Autrement dit, la couleur du passeport n’est pas significative dans la chance de commettre ou non un délit. Le niveau de formation ou socio-économique l’est beaucoup plus. Et c’est sur ces facteurs que devrait être axée une politique de prévention de la criminalité qui se voudrait véritablement efficace.

Les statistiques de la criminalité 2012, publiées fin mars par l’Office fédéral de la statistique, ont totalement éludé cette dimension. L’aspect hausse des prévenus appartenant au domaine de l’asile, commenté par des personnalités en charge de la sécurité cantonale, voire par la cheffe du DFJP, Madame Simonetta Sommaruga, n’a pas manqué d’être utilisé pour justifier les durcissements en cours de la loi sur l’asile et la votation du 9 juin, en particulier la création de « centres pour récalcitrants ». Il  nous paraît étonnant qu’une analyse plus scientifique et prudente des chiffres ne soit pas reprise et mise en avant par les responsables politiques
Mais lutter contre les disparités sociales et l’accès à la formation de toutes et de tous est une politique à long terme. Moins spectaculaire qu’une mesure populiste qui cloue au pilori une infime minorité de la population résidant en Suisse, celle des demandeurs d’asile et personnes titulaires d’une admission provisoire (0,6%).  Des personnes dont le statut marqué du temporaire limite l’accès au marché de l’emploi. Des personnes que les parlementaires fédéraux n’ont de cesse de précariser, en supprimant ou réduisant l’aide sociale, en limitant leur intégration alors qu’il faudrait aller dans le sens inverse. Fuyant leurs responsabilités, ils ont choisi la voie de la gesticulation et du symbolique. Sans se préoccuper de la sécurité et du bien-être à long-terme de la Suisse.

Pourquoi le niveau de formation et le niveau socio-économique des détenus ne sont-ils pas étudiés et pris en compte par l’Office fédéral de la statistique ? En examinant de près les statistiques policières, il apparaît que les demandeurs d’asile se sont avant tout distingués par des vols à l’étalage… Une information bien peu analysée par les responsables politiques.

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